La méthode

Graham a posé la règle. Buffett a posé la condition. Nous gardons les deux réponses séparées.

L'investissement dans la valeur de Graham et Buffett, actualisé et automatisé : les mêmes principes, recalibrés sur le marché d'aujourd'hui et appliqués par une machine qui ne se lasse pas, ne s'attache pas et n'oublie pas de regarder à nouveau demain. Cette page décrit notre façon de travailler avec autant de précision que possible sans livrer le calibrage lui-même — ce que mesure chaque note, ce qui fait entrer une valeur dans chaque classement et ce qui l'en fait sortir, la part que nous gardons pour nous, et ce que rien de tout cela ne démontre.

D'où vient la méthode

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Benjamin Graham — le prix

Graham a été le premier à écrire qu'une action est une part d'entreprise, et qu'on ne doit jamais la payer plus qu'elle ne vaut. Il en a tiré des mesures : décote sur l'actif net, multiple des bénéfices, rapport au capital comptable. C'est la question qui protège du prix — la première des deux, jamais une moitié de total.

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Warren Buffett — l'entreprise

Buffett a ajouté la condition que Graham pesait moins : encore faut-il que l'entreprise mérite d'être détenue. Rentabilité du capital, marges, solidité du bilan, régularité des résultats. C'est la seconde question, celle qui écarte les pièges de valeur — ces actions bon marché pour de bonnes raisons, et qui le resteront. Elle ne se moyenne pas avec la première : elle se pose à côté.

Et où nous allons plus loin

Des rangs, pas des seuils
Graham écrivait « PER inférieur à 15 » en 1949. Un seuil figé décrit le marché de son auteur, pas celui d'aujourd'hui. Chaque action est notée par rapport à l'univers entier du jour, et à l'intérieur de son secteur : une marge de 8 % ne veut pas dire la même chose dans la distribution et dans le logiciel.
Sortir d'une liste, pas seulement y entrer
Ni Graham ni Buffett n'ont formalisé quand cesser de regarder une société. Chacun de nos classements a deux frontières et non une : une valeur y entre en la franchissant, et n'en sort qu'en la refranchissant avec de la marge. Sans cet écart, un titre y clignoterait d'un matin à l'autre pour un écart d'arrondi.
Des règles écrites avant d'être appliquées
Aucune règle n'est retenue parce qu'elle est plausible. Elle est écrite d'abord, rejouée sur des données réelles en n'utilisant à chaque date que ce qui était connu ce jour-là, et conservée seulement si elle tient encore à la clôture de l'année. Plusieurs idées convaincantes ont été écartées à ce stade.

Ce que mesure chaque note

Les familles de critères sont publiques, et enseignées intégralement dans la Bibliothèque. Ce sont celles de n'importe quel investisseur dans la valeur sérieux : notre travail n'est pas de les avoir trouvées, il est de les avoir calibrées — et d'avoir refusé de les fondre ensemble.

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Health — peut-elle tenir ?

Rentabilité des capitaux propres, marge opérationnelle, endettement net rapporté à l'excédent d'exploitation, couverture des intérêts, régularité des bénéfices dans la durée. Health estime à quel point l'effondrement d'une entreprise est improbable. Elle se lit dans les comptes, jamais dans le cours : une action qui a déjà chuté n'en est pas fragile pour autant, et une action qui n'a pas chuté n'en est pas solide.

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Upside — peut-elle monter ?

Décote sur l'actif net courant, rapport au capital comptable, multiple des bénéfices, valeur d'entreprise rapportée au résultat opérationnel, rendement du free cash-flow, et la progression trimestrielle du bénéfice et de la marge. Upside estime la marge de hausse que garde une action. Ce n'est pas l'envers de la santé : une société fragile peut porter un potentiel large, et une société solide être payée pour la perfection.

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Odds — le potentiel par unité de risque

Odds rapporte la seconde réponse au risque de perte, jamais à la santé. Un potentiel large acheté au prix d'un gros risque n'est pas la même affaire qu'un potentiel modeste acheté sans danger, et seul un rapport le dit. C'est la règle exprimée en nombre, pas un troisième avis — et elle se lit à côté de la santé, jamais à sa place.

Les foncières cotées sont exclues et les sociétés financières sont traitées à part : leurs comptes ne se lisent pas avec les mêmes ratios, et les mélanger fabriquerait un classement qui n'a de sens pour personne. L'univers est borné aux capitalisations de 200 M$ à 5 Md$, aux États-Unis, là où la donnée fondamentale est assez profonde et assez propre pour supporter un classement quotidien.

Ce que nous ne publions pas

Les pondérations exactes à l'intérieur de chaque note, les frontières en centiles qui font entrer une valeur dans un classement, et la marge qu'elle doit refranchir pour en sortir restent les nôtres. Ce n'est pas de la coquetterie : le calibrage est précisément ce qui sépare une liste de critères connus d'une méthode qui produit un résultat.

Ce calibrage n'est pas figé, et c'est le cœur du travail. À chaque année close, chaque règle est réexaminée sur les données à jour et conservée seulement si elle tient encore. Plusieurs réglages qui avaient une bonne raison d'exister en 2021 ont été retirés depuis, parce que cette raison avait cessé d'être vraie — et le résultat s'en est trouvé amélioré.

Ce que vous pouvez vérifier vous-même reste entier : les trois classements sont publiés chaque matin, chaque note et chaque position sont datées. La méthode travaille à découvert, même si son calibrage ne se lit pas.

Comment une règle gagne sa place

Un test historique est facile à rendre flatteur : il suffit d'oublier un détail. Voici la liste complète de ce que le nôtre traite avant qu'une règle soit conservée. Chaque point y figure parce que son absence avait produit un résultat faux — et crédible.

Point-in-time strict
À chaque date de calcul, la sélection n'utilise que les données publiées à cette date. Aucune information postérieure n'entre, jamais.
Dates de dépôt réelles
Un exercice devient exploitable à sa date de dépôt effective, pas à sa date de clôture. Une société qui clôture le 31 décembre publie en février ou mars : la retenir dès le 1ᵉʳ janvier reviendrait à encaisser la réaction du marché à des résultats que personne n'a vus. À défaut de date de dépôt, un délai de 90 jours s'applique. Les dates antérieures à la clôture — le fournisseur en produit — sont écartées.
Sociétés radiées incluses
L'univers contient 2 242 sociétés disparues sur la période : faillites, rachats, retraits de cote. Un backtest bâti sur les seules survivantes ne peut littéralement jamais perdre sur une faillite.
Radiation traitée comme telle
Une société liquidée sort de la sélection à son dernier cours coté. Sans cette règle, elle y resterait indéfiniment, valorisée à un prix qui n'existe plus, occupant une place sans jamais rien coûter ni rapporter.
La capitalisation de l'époque
Le filtre de taille utilise la capitalisation reconstituée à chaque date — le nombre d'actions de l'époque multiplié par le cours de l'époque — et non celle d'aujourd'hui. Retenir une société de 2021 parce qu'elle est devenue moyenne en 2026 est une connaissance du futur.
Éligibilité sur la période observable
Une société entre dans l'univers si elle a occupé la fourchette de taille pendant la période testée, pas si elle l'occupait dix ans plus tôt. Cette seule règle a sérieusement entamé le résultat que nous nous apprêtions à publier — le genre de correction qui n'apparaît que lorsqu'on juge l'éligibilité sur la fenêtre observable, et non sur ce qu'une société est devenue depuis.
Ratios rafraîchis au cours du jour
Valeur d'entreprise et rendement du free cash-flow sont recalculés au cours du jour à partir du cours constaté à la date du rapport. Un ratio figé à la publication vieillit de plusieurs mois entre deux exercices.
Dividendes réinvestis
Les détachements sont encaissés et réinvestis, sur la sélection comme sur les indices de comparaison. Bruts : l'impôt dépend de l'enveloppe et de la résidence de chacun, le calculer reviendrait à inventer un chiffre.
Frais de transaction, et ce qu'ils couvrent
Chaque achat et chaque vente supporte un coût de 10 points de base. Nous ne modélisons pas l'écart achat-vente ligne à ligne — il dépend du carnet d'ordres d'un jour donné, qu'aucune base historique ne restitue honnêtement. La sensibilité est donc éprouvée jusqu'à 100 points de base, dix fois l'hypothèse retenue : à ce niveau, le coût simulé absorbe largement l'écart achat-vente d'une petite capitalisation américaine liquide. Une méthode dont le résultat tiendrait à une hypothèse de frais optimiste n'en serait pas une.
Actions entières
La simulation achète des nombres entiers d'actions avec un capital fini, comme n'importe quel investisseur. Des positions fractionnaires produiraient un résultat que personne ne peut reproduire.
Comparaison sur la même fenêtre
Les indices sont recalculés depuis la date de début exacte de la simulation. Comparer deux périodes différentes n'est pas comparer — c'est ainsi qu'un écart positif a pu s'afficher négatif.

Le club ne publie plus de portefeuille modèle : il note des titres. Les chiffres de performance qui décrivaient ces portefeuilles ont été retirés.

Avertissement

Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Investir en bourse comporte un risque de perte en capital, pouvant aller jusqu'à la totalité des sommes investies. Value Investing Club est un service d'information et d'éducation ; il ne fournit aucun conseil en investissement personnalisé et ne tient compte ni de votre situation, ni de vos objectifs, ni de votre tolérance au risque.

Un point mérite d'être dit clairement, parce qu'il décide du résultat plus sûrement que la sélection elle-même : cette méthode exige de tenir. Une décote met des mois, parfois des années, à se refermer, et le chemin n'est jamais une ligne droite. Rien ne garantit qu'elle se referme. L'investisseur qui vend au creux, chassé par le bruit, ne récolte pas un rendement plus faible : il récolte la perte. Si les fluctuations vous empêchent de dormir, ou si vous risquez d'avoir besoin de ces sommes à court terme, cette approche n'est pas faite pour vous.

Lire l'avertissement complet sur les risques

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La méthode — Value Investing Club